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Qu'est-ce qu'une convention fiscale et comment évite-t-elle la double imposition ?

L'équipe Boundedseptembre 2026

Réponse courte : La double imposition, c'est quand deux pays imposent le même revenu de la même personne pour la même période — typiquement parce que l'un vous impose comme résident sur vos revenus mondiaux tandis que l'autre impose ce même revenu parce qu'il a été gagné chez lui, ou parce que les deux vous considèrent résident. Une convention fiscale (convention de non double imposition) l'évite en tranchant votre pays de résidence, en attribuant chaque catégorie de revenu à un pays ou en plafonnant la retenue à la source, et en obligeant votre pays de résidence à exonérer ce revenu ou à vous accorder un crédit d'impôt.

Comment naît la double imposition

Les États imposent selon deux principes à la fois. Comme pays de résidence, un État impose vos revenus mondiaux parce que vous y vivez (en France : obligation fiscale illimitée du domicilié). Comme pays de la source, un État impose les revenus qui naissent sur son territoire — le loyer d'un appartement, un salaire pour un travail exercé sur place, les dividendes de ses sociétés — quel que soit le lieu de vie du bénéficiaire. Mettez ensemble un résident du pays A et des revenus du pays B : les deux ont un droit sur le même euro.

  • Résidence contre source — le cas quotidien. Un résident français détient des actions suisses : la Suisse retient 35 % sur le dividende, la France impose le même dividende au titre des revenus mondiaux.
  • Résidence contre résidence — vous remplissez les tests de résidence de deux pays à la fois, et les deux réclament vos revenus mondiaux. Voir la double résidence fiscale.
  • Nationalité — les États-Unis imposent leurs citoyens où qu'ils vivent ; tout Américain à l'étranger cumule impôt du pays de résidence et impôt américain sur le même revenu.

Les fiscalistes parlent de double imposition juridique (même personne, même revenu). La double imposition économique — un bénéfice imposé une fois au niveau de la société puis à nouveau comme dividende chez l'actionnaire — est un autre problème, que les conventions ne traitent qu'en partie.

Ce que fait une convention fiscale

Une convention fiscale (convention de non double imposition, en anglais tax treaty) est un traité bilatéral qui répartit le droit d'imposer entre deux pays. La plupart suivent le modèle de l'OCDE et fonctionnent en trois temps :

  1. 1Trancher la résidence (article 4). Si les deux pays vous considèrent résident selon leur droit interne, les critères de départage — foyer d'habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité — vous attribuent à l'un d'eux pour l'application de la convention. Tout le reste en dépend. En France, la résidence au sens conventionnel prime toujours sur le domicile fiscal de l'article 4 B du CGI.
  2. 2Répartir chaque revenu (articles 6 à 21). Certains revenus ne sont imposables que dans le pays de résidence (la plupart des pensions privées, les bénéfices d'entreprise sans établissement stable, les plus-values sur titres). D'autres restent imposables aussi à la source, mais avec un plafond — dividendes en général 5 à 15 %, intérêts 0 à 10 %, redevances 0 à 10 %. Les revenus immobiliers et les salaires pour un travail physiquement exercé sur place restent imposables à la source ; la règle des 183 jours de l'article 15 décide quand une mission courte à l'étranger y devient imposable.
  3. 3Éliminer ce qui reste (article 23). Quand le pays de la source garde un droit d'imposer, le pays de résidence doit soit exonérer ce revenu (souvent avec la règle du taux effectif, il compte donc pour fixer votre taux sur le reste), soit accorder un crédit d'impôt égal à l'impôt étranger, plafonné à l'impôt national sur ce revenu. Les conventions françaises récentes retiennent surtout le crédit d'impôt — parfois égal à l'impôt français, ce qui revient à une exonération. Vous payez au final à peu près le plus élevé des deux taux, pas la somme.

Les conventions prévoient aussi une procédure amiable pour les litiges, des clauses de non-discrimination et — décisif en pratique — l'échange de renseignements, de sorte que chaque administration sait ce que vous avez déclaré à l'autre. Pour bénéficier d'une convention, il faut en général une attestation de résidence fiscale de votre pays de résidence pour l'année concernée.

Y a-t-il une convention ? Où trouver la liste

La France a signé plus de 120 conventions fiscales — l'un des réseaux les plus étendus au monde. La rubrique « Conventions internationales » d'impots.gouv.fr en donne la liste par pays avec le texte intégral et les avenants ; le BOFiP en commente l'application. Vérifiez que la convention couvre bien l'impôt qui vous préoccupe — beaucoup visent l'impôt sur le revenu et sur la fortune mais pas les droits de succession (une quarantaine de conventions distinctes seulement) ni les cotisations sociales (accords de sécurité sociale séparés) — et la date : les conventions sont renégociées, et l'instrument multilatéral de l'OCDE en a modifié beaucoup depuis 2018. Absences notables pour les expatriés français : pas de convention générale avec Monaco (la convention spécifique de 1963 maintient au contraire les Français installés à Monaco dans l'impôt français), et aucune convention sur les successions avec la plupart des destinations d'expatriation récentes (Émirats, Portugal, Hong Kong).

Ce qui se passe sans convention

Sans convention, les deux pays imposent en totalité et vous dépendez de l'allègement unilatéral prévu par le droit interne de votre pays de résidence. La France n'accorde en principe aucun crédit d'impôt hors convention : l'impôt étranger est au mieux déductible du revenu imposable (et non de l'impôt), ce qui laisse une double imposition partielle. D'autres pays accordent un crédit plafonné (Allemagne § 34c EStG, États-Unis foreign tax credit). Dans tous les cas, vous payez davantage que le plus élevé des deux taux et déposez deux déclarations.

Ce que cela change pour votre décompte de jours

Presque chaque étape ci-dessus tient à l'endroit où vous étiez, jour après jour : le départage de l'article 4 demande où vous séjournez habituellement, l'article 15 demande si vous avez travaillé plus de 183 jours dans l'autre pays, et le test interne de votre pays de résidence décide s'il a un droit sur vos revenus mondiaux. Le calculateur des 183 jours totalise vos jours par pays à partir de vos dates de voyage, et le guide de la résidence fiscale explique le test interne de chaque pays — la couche sur laquelle une convention vient se poser.

Calculateur de la règle des 183 joursDécomptez vos jours dans un pays par rapport à un seuil de résidence fiscale.

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Sources

À titre d'information uniquement. Cette page est un résumé en langage clair de règles publiquement disponibles, pas un conseil fiscal, juridique ou d'immigration. Les règles changent et dépendent de votre situation personnelle — vérifiez toujours auprès de la source officielle ci-dessus et d'un professionnel qualifié avant d'agir.