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Suisse — Permis de séjour : règle des 6 mois d'absence

The Bounded TeamRésidenceaoût 2026

Résumé

Permis B (séjour)
S'éteint après 6 mois à l'étranger
Permis C (établissement)
S'éteint après 6 mois à l'étranger
Permis L (courte durée)
S'éteint après 3 mois à l'étranger
Suivi comme
180 jours consécutifs (prudent)
Retours brefs
N'interrompent pas légalement le délai
C uniquement
Maintien possible jusqu'à 4 ans, sur demande
Base légale
Art. 61 al. 2 AIG (SR 142.20)

Les permis de séjour suisses meurent au compteur. Selon l'art. 61 al. 2 de la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration (AIG/LEI, SR 142.20), si vous quittez la Suisse sans annoncer votre départ, un permis L de courte durée s'éteint après trois mois et les permis B (séjour) et C (établissement) s'éteignent tous deux après six mois — dans une seule et même phrase de la loi, avec une seule et même arithmétique. Cela se produit automatiquement : pas de décision, pas de lettre d'avertissement. Et le piège que la plupart des gens manquent, c'est qu'un bref retour en Suisse ne relance pas le décompte une fois que vous êtes réellement parti vous installer ailleurs (art. 79 al. 1 VZAE). Seul le permis C peut être sauvé à l'avance, en demandant à votre canton de le maintenir jusqu'à quatre ans avant l'échéance des six mois.

Qui est concerné

C'est la règle à surveiller si vous détenez un permis suisse et passez une longue période hors du pays. Elle compte surtout si vous êtes :

  • Titulaire d'un permis C (Niederlassungsbewilligung / permis d'établissement) partant en détachement, en congé sabbatique ou en long séjour familial à l'étranger.
  • Titulaire d'un permis B (Aufenthaltsbewilligung / permis de séjour) travaillant à l'étranger pour une saison avec l'intention de revenir.
  • Ressortissant UE/AELE titulaire d'un permis suisse — la tolérance de six mois est la même sous l'accord sur la libre circulation.
  • Titulaire d'un permis L, où la ligne arrive bien plus tôt : trois mois.
  • Quelqu'un qui est déjà parti et revient de temps à autre par avion, en supposant que ces visites maintiennent le permis en vie.

Elle ne s'applique pas aux citoyens suisses, et elle est distincte de la résidence fiscale : vous pouvez perdre votre permis en restant trop longtemps absent tout en demeurant traité comme résident fiscal suisse, et vous pouvez cesser d'être résident fiscal alors que votre permis est parfaitement valable. Ce sont des tests différents relevant de lois différentes — voir la règle suisse de résidence fiscale des 30/90 jours.

La règle — et sa raison d'être

Une phrase, trois permis

L'art. 61 al. 1 AIG énumère les manières dont un permis prend fin : vous annoncez votre départ, vous recevez un permis dans un autre canton, sa durée de validité expire (permis B), vous êtes expulsé, ou — selon la lettre b, détaillée à l'al. 2 — vous quittez le pays. L'al. 2 fixe les délais :

  • Permis de courte durée (L) : trois mois. La ligne la plus précoce et la plus facile à franchir.
  • Permis de séjour (B) : six mois. Notez qu'un permis B prend aussi fin à l'expiration de sa durée de validité et que, contrairement au C, il ne peut pas être maintenu depuis l'étranger.
  • Permis d'établissement (C) : six mois — mais sur demande, le canton peut le maintenir en vie jusqu'à quatre ans.

Comme B et C figurent dans la même phrase avec le même chiffre, il n'y a rien à distinguer en termes de jours — la différence tient uniquement à ce que vous pouvez y faire. C'est pourquoi Bounded propose un seul compteur suisse de permis de séjour plutôt que deux.

Cela se produit tout seul

L'extinction au titre de l'art. 61 opère ex lege — par l'effet de la loi. L'arrêt de principe du Tribunal fédéral 2C_609/2011 confirme que le permis a simplement disparu à l'échéance du délai ; les autorités n'ont rien à notifier, et il n'y a aucun pouvoir d'appréciation à exercer. Le motif de l'absence est sans importance, y compris les absences qui n'étaient pas votre choix.

Sa raison d'être : un permis suisse atteste que vous vivez réellement en Suisse. La règle des six mois est la manière dont la loi distingue le résident qui voyage de la personne dont la vie s'est déplacée ailleurs mais qui aimerait garder les papiers.

Compter les jours

La loi compte des mois civils, pas des jours — « six mois » depuis une date de départ représentent entre 181 et 184 jours selon les mois traversés (du 1er septembre au 1er mars d'une année non bissextile pour le bas de la fourchette ; du 1er mars au 1er septembre pour le haut). Bounded suit donc la règle comme 180 jours consécutifs à l'étranger : le plus grand décompte de jours qui reste sûr quelle que soit votre date de départ. C'est une approximation délibérée et signalée comme telle, qui pèche par prudence — le compteur vous alerte jusqu'à trois ou quatre jours avant l'extinction légale, jamais après.

  1. 1Partez du jour où vous avez quitté la Suisse — la période se mesure depuis votre départ, pas depuis le début d'un mois ou d'une année.
  2. 2Comptez les jours consécutifs passés hors de Suisse. Bounded vous signale à 181 jours ; la ligne légale est de six mois civils.
  3. 3Ne supposez pas qu'un bref retour remet le compteur à zéro. L'art. 79 al. 1 VZAE exclut que les séjours temporaires de visite, de tourisme ou d'affaires interrompent le délai.
  4. 4Si vous détenez un permis C et que l'absence va durer, déposez la demande de maintien auprès de votre canton AVANT l'échéance des six mois (art. 79 al. 2 VZAE).

La réserve du reset, dite clairement. Un compteur de jours repart de zéro dès que vous enregistrez un jour en Suisse. La loi, non, une fois que le centre de votre vie s'est déplacé à l'étranger. Traitez donc tout reset produit par une courte visite comme optimiste : il peut garder le compteur au vert pendant que l'horloge légale continue de tourner. Si vous êtes véritablement parti, comptez depuis le jour de votre départ.

Les absences dispersées sont une autre question. La règle des six mois vise une seule période ininterrompue ; additionner des voyages séparés ne fait généralement pas tomber un permis. Mais passer moins de la moitié de l'année environ en Suisse pendant plusieurs années crée une présomption réfragable que le centre de votre vie est ailleurs, sur laquelle les autorités peuvent agir séparément (voir 2A.31/2006 et ATF 145 II 322). Le compteur mesure la période consécutive ; le schéma d'ensemble relève de votre propre jugement.

Exemples

Exemple 1 — le détachement de cinq mois

Elena détient un permis C à Bâle et accepte un contrat de cinq mois à Singapour, puis rentre. Sa plus longue absence ininterrompue avoisine 150 jours, confortablement en deçà de six mois civils : son permis d'établissement est intact et elle n'avait rien à déposer.

Exemple 2 — le week-end qui n'a servi à rien

Tomas rend son appartement zurichois, s'installe à Prague pour un nouvel emploi et revient en Suisse pour un long week-end tous les deux mois environ pour voir ses amis. Son compteur de jours repart à chaque visite et paraît sain. La loi n'est pas d'accord : parce qu'il a quitté la Suisse pour de bon, ces séjours de visite n'interrompent pas le délai de l'art. 61 (art. 79 al. 1 VZAE), et son permis B s'éteint six mois après son déménagement.

Exemple 3 — le permis C sauvé à temps

Amina est envoyée à Nairobi pour deux ans. Quatre mois après le début de la mission — bien avant l'échéance des six mois — elle dépose une demande de maintien auprès de son office cantonal des migrations, en montrant son intention de revenir. Le canton maintient son permis C pour la durée de la mission. Son collègue au permis B n'avait pas cette option et a dû redéposer une demande à son retour.

Exceptions et cas particuliers

  • Maintenir un permis C (art. 61 al. 2 AIG, art. 79 al. 2 VZAE). Le canton peut maintenir un permis d'établissement valable jusqu'à quatre ans, sur demande. La demande doit être déposée avant la fin du délai de six mois ; une demande déposée à temps suspend en principe l'extinction (2A.86/2004), mais l'octroi est discrétionnaire (art. 96 AIG) et dépend d'une intention réelle de revenir (2C_461/2012). La pratique cantonale ajoute ses propres conditions — Zurich, par exemple, attend que vous ayez de nouveau vécu en Suisse au moins aussi longtemps qu'a duré un maintien précédent avant d'en accorder un nouveau. C'est de la pratique cantonale, pas de la loi ; renseignez-vous auprès de votre propre canton.
  • Les permis B ne peuvent pas être maintenus. Il n'existe aucun mécanisme équivalent, et un permis B prend aussi fin à l'expiration de sa durée de validité (art. 61 al. 1 let. c AIG).
  • Travailleurs détachés. Les employés envoyés à l'étranger par un employeur suisse qui restent affiliés à la sécurité sociale suisse (attestation BSV/OFAS) sont le cas classique de maintien, et les cantons traitent ces demandes favorablement — mais encore faut-il déposer la demande.
  • Enfants scolarisés à l'étranger. La pratique cantonale permet généralement de maintenir un permis d'établissement pour un enfant scolarisé à l'étranger jusqu'à quatre ans environ, à condition que l'enfant passe ses vacances en Suisse. Là encore : pratique, pas loi.
  • Récupérer un permis C éteint. L'art. 61 VZAE (« Erneute Erteilung der Niederlassungsbewilligung nach Auslandaufenthalt ») permet un nouveau permis d'établissement si vous avez auparavant détenu un permis C pendant au moins dix ans et que l'absence n'a pas dépassé six ans, avec des compétences linguistiques de niveau A2 oral et A1 écrit. En dehors de ce cas, l'art. 34 al. 3 AIG permet de créditer une résidence suisse antérieure en vue d'un futur permis C, et les art. 49–51 VZAE prévoient des facilités de réadmission pour des groupes définis.
  • Ressortissants UE/AELE. L'annexe I art. 6 par. 5 FZA accorde la même tolérance de six mois consécutifs, il n'y a donc pas de décompte distinct à apprendre. L'art. 61a AIG — extinction d'un permis UE/AELE après une perte involontaire d'emploi — est une règle entièrement différente et n'est pas ce que ce compteur suit.

Les demandes de maintien, la réémission après extinction et les arguments de centre de vie reposent tous sur des faits documentés et sur l'appréciation cantonale. Si votre absence va durer, parlez-en à votre office cantonal des migrations (ou à un avocat suisse en droit des migrations) avant l'échéance des six mois — après l'extinction, il reste beaucoup moins de marge.

Idées reçues

  • « Un week-end en Suisse remet les six mois à zéro. » Non. L'art. 79 al. 1 VZAE dit expressément que les séjours temporaires de visite, de tourisme ou d'affaires n'interrompent pas les délais de l'art. 61 al. 2 une fois que vous êtes parti vous installer à l'étranger.
  • « On doit me notifier avant d'annuler mon permis. » Non — l'extinction est automatique, par l'effet de la loi (2C_609/2011). Elle s'applique même lorsque l'absence était involontaire (2A.14/2004).
  • « Mes voyages dispersés vont s'additionner jusqu'à six mois et tuer mon permis. » Généralement non : la règle vise une seule absence continue. Un schéma durable consistant à passer moins de la moitié de l'année en Suisse est un problème distinct de centre de vie, pas cette arithmétique.
  • « Les citoyens de l'UE sont exemptés. » Non. Le FZA applique la même tolérance de six mois consécutifs (annexe I art. 6 par. 5).
  • « Un permis B peut être mis en pause comme un permis C. » Non. L'option de maintien de quatre ans de l'art. 61 al. 2 n'existe que pour le permis d'établissement (C).
  • « Garder mon permis me garde résident fiscal » (ou l'inverse). Les deux sont indépendants. La résidence fiscale suisse suit l'art. 3 DBG et le test de séjour des 30/90 jours, pas votre statut de permis.

Enfin, notez que la même absence de six mois fait double dégât si vous êtes encore en route vers le permis C : elle ne fait pas seulement tomber le permis que vous détenez, elle remet aussi à zéro le compteur des « cinq dernières années sans interruption » qu'exige la qualification pour l'établissement — voir la condition de résidence du permis C suisse. Et elle met fin à une période de résidence enregistrée aux fins de la citoyenneté aussi (art. 33 al. 3 BüG). Si vous construisez vers un passeport suisse, voir la condition de résidence pour la citoyenneté suisse.

Questions fréquentes

Six mois. Selon l'art. 61 al. 2 AIG, un permis B (séjour) et un permis C (établissement) s'éteignent tous deux après six mois d'absence ; un permis L de courte durée s'éteint après trois mois. Les six mois sont une période en mois civils, ce qui, depuis une date de départ donnée, représente environ 181 à 184 jours — 180 jours est donc la ligne sûre à suivre.

Non. L'art. 79 al. 1 VZAE précise que les délais de l'art. 61 al. 2 ne sont pas interrompus par des séjours temporaires de visite, de tourisme ou d'affaires en Suisse. Une fois que vous avez véritablement déplacé le centre de votre vie à l'étranger, de brefs retours ne relancent pas les six mois — le Tribunal fédéral l'a confirmé en 2011 dans l'arrêt 2C_609/2011.

Non. Le permis s'éteint de plein droit à l'échéance du délai. Aucune décision d'annulation n'est nécessaire, et le motif de l'absence est sans importance — même une absence involontaire, comme une détention à l'étranger, la déclenche. Tout document ultérieur ne fait qu'enregistrer ce qui s'est déjà produit.

Oui, mais seulement un permis C, et seulement si vous le demandez à temps. L'art. 61 al. 2 AIG permet au canton de maintenir un permis d'établissement pendant quatre ans au plus sur demande, et l'art. 79 al. 2 VZAE exige que la demande soit déposée avant l'échéance du délai de six mois. Les permis B n'ont pas d'équivalent — un permis B expire d'ailleurs aussi simplement au terme de sa durée de validité.

Oui, la même tolérance s'applique. L'annexe I art. 6 par. 5 de l'accord sur la libre circulation (FZA) prévoit que les interruptions de séjour ne dépassant pas six mois consécutifs n'affectent pas la validité du titre de séjour. Les ressortissants UE/AELE sont par ailleurs exposés à l'art. 61a AIG, une règle distincte sur l'extinction du permis après une perte involontaire d'emploi.

Parfois, et plus vite si vous avez détenu un permis C longtemps. L'art. 61 VZAE permet un nouveau permis d'établissement après un séjour à l'étranger si vous avez auparavant détenu un permis C pendant au moins dix ans et que l'absence n'a pas dépassé six ans, avec une preuve de langue (A2 oral, A1 écrit). Sinon, vous repartez comme nouveau demandeur, même si l'art. 34 al. 3 AIG permet de créditer une résidence suisse antérieure et que les art. 49–51 VZAE prévoient des facilités de réadmission dans des cas définis.

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Sources

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