Suisse — Résidence fiscale (règle de séjour des 30/90 jours)
Résumé
- Seuil
- 30 jours (en travaillant) / 90 jours (sans travailler)
- Fenêtre
- Par séjour — les courtes sorties ne le remettent pas à zéro
- Déclenche aussi
- Domicile avec intention de rester (dès le premier jour)
- Base légale
- Art. 3 DBG
- Autorité
- ESTV / AFC
La Suisse n'a pas de règle des 183 jours — la ligne se situe bien plus bas. Séjourner 30 jours en exerçant une activité lucrative, ou 90 jours sans travailler, établit la résidence fiscale suisse par le séjour — et la loi compte votre séjour sans interruptions temporaires, si bien que les courts voyages à l'étranger ne remettent pas le compteur à zéro. Constituer un foyer avec l'intention de rester vous rend résident dès le premier jour, indépendamment de tout décompte.
Qui est concerné
Cette règle compte surtout si vous êtes :
- Travailleur à distance passant quelques semaines en Suisse — travailler depuis un chalet suisse compte comme activité lucrative.
- Visiteur fréquent enchaînant de longs séjours suisses entrecoupés de courtes sorties, en supposant que le compteur repart de zéro.
- Frontalier ou employé détaché dont les jours de travail suisses s'accumulent.
- Quelqu'un qui passe deux ou trois mois d'hiver ou d'été en Suisse sans travailler.
La règle s'applique quelle que soit la nationalité ou le statut de permis — c'est le séjour physique, combiné au fait de travailler ou non, qui compte.
Parce qu'elle est indépendante de votre permis, la résidence fiscale et le statut migratoire peuvent évoluer en sens opposés : vous pouvez perdre un permis suisse en restant trop longtemps absent tout en demeurant imposable ici, ou être parfaitement en règle côté permis sans être résident fiscal du tout. Les compteurs migratoires sont traités séparément dans la règle suisse des 6 mois d'absence du permis de séjour, la condition de résidence du permis C et la condition de résidence pour la citoyenneté suisse.
La règle — et sa raison d'être
L'article 3 de la loi fédérale sur l'impôt fédéral direct (DBG) crée la résidence fiscale de deux manières :
- Le domicile : vous vous installez en Suisse avec l'intention d'y rester durablement. Résident dès le premier jour — aucun décompte de jours en jeu.
- Le séjour (Aufenthalt) : vous séjournez au moins 30 jours en exerçant une activité lucrative, ou au moins 90 jours sans — comptés par séjour, sans tenir compte des interruptions temporaires.
Sa raison d'être : la règle du séjour empêche des gens de vivre et travailler en Suisse pendant des mois en se prétendant simples visiteurs. La formule sans reset existe précisément pour déjouer l'astuce du week-end à l'étranger — le législateur compte une vie continue en Suisse, pas des nuits ininterrompues.
Compter les jours
- 1Identifiez le séjour : il commence quand vous arrivez pour demeurer en Suisse et se termine quand vous partez véritablement — pas quand vous sortez pour un court déplacement.
- 2Comptez les jours du séjour en ignorant les interruptions temporaires (les courts voyages à l'étranger sont enjambés, ils ne relancent pas le décompte).
- 3Vous travaillez pendant le séjour ? Le seuil est de 30 jours. Le télétravail pour un employeur étranger effectué sur le sol suisse compte comme activité lucrative.
- 4Vous ne travaillez pas du tout ? Le seuil est de 90 jours — la résidence se déclenche au 90e jour.
- 5Vous avez franchi l'une des deux lignes — ou constitué un foyer avec l'intention de rester ? Vous êtes assujetti de manière illimitée à l'impôt suisse, en principe dès le début du séjour.
Exemples
Exemple 1 — le mois de télétravail
Vous louez un appartement à Zurich pour cinq semaines et continuez de télétravailler pour votre employeur étranger. C'est une activité lucrative en Suisse — la ligne des 30 jours est franchie et vous devenez résident fiscal suisse par le séjour.
Exemple 2 — l'astuce du reset du week-end, qui ne marche pas
Vous passez dix semaines à Verbier sans travailler, en rentrant chez vous un week-end toutes les trois semaines. Les courtes sorties sont des interruptions temporaires — le séjour est compté d'un seul tenant, dépasse 90 jours, et la résidence se déclenche malgré les coupures.
Exemple 3 — sous la ligne
Vous prenez un congé sabbatique de six semaines dans les Alpes et ne travaillez véritablement pas. Six semaines font ~42 jours — sous le seuil des 90 jours sans travail, et aucun domicile n'est constitué. Vous ne devenez pas résident (même si le salaire d'un travail effectivement accompli en Suisse pourrait rester imposable à la source).
Exceptions et cas particuliers
- Le domicile bat le décompte. S'installer avec l'intention de rester — un bail, l'installation de la famille, l'enregistrement — vous rend résident immédiatement ; les décomptes de 30/90 jours n'entrent jamais en jeu.
- Ce qui compte comme travailler. L'activité lucrative est entendue largement : emploi salarié, activité indépendante et télétravail effectué alors que vous êtes physiquement en Suisse.
- La couche cantonale. Les cantons appliquent les mêmes notions de résidence pour les impôts cantonaux et communaux, si bien que les conséquences arrivent aux trois niveaux à la fois.
- Départage conventionnel. Si vous êtes aussi résident ailleurs, la convention applicable attribue une résidence conventionnelle unique et répartit les droits d'imposition.
Idées reçues
- « Sous 183 jours, je suis tranquille. » Faux — les lignes suisses sont à 30 et 90 jours par séjour, pas 183 par an.
- « Sortir toutes les quelques semaines remet le compteur à zéro. » Non — la loi compte le séjour sans tenir compte des interruptions temporaires.
- « Le télétravail pour un employeur étranger n'est pas du travail suisse. » Un travail effectué sur le sol suisse est une activité lucrative — le seuil des 30 jours s'applique.
- « La résidence ne commence que quand je m'enregistre. » L'enregistrement est administratif ; la résidence par le séjour suit les faits et peut rétroagir au début du séjour.
Questions fréquentes
Non. Le droit interne suisse place la ligne bien plus tôt : un séjour de 30 jours avec exercice d'une activité lucrative, ou de 90 jours sans travailler, établit la résidence fiscale par le séjour au titre de l'art. 3 DBG. Le chiffre de 183 jours n'apparaît que dans les conventions fiscales.
Non. La loi compte votre séjour « sans interruptions temporaires » — un week-end à l'étranger ou un court voyage d'affaires ne relance pas légalement le compteur de 30 ou 90 jours. Seule une véritable fin du séjour le fait.
30 jours si vous exercez une activité lucrative (salariée ou indépendante) pendant le séjour ; 90 jours si vous ne travaillez pas. Le télétravail effectué alors que vous êtes physiquement en Suisse est une activité lucrative, donc la plupart des visiteurs qui travaillent font face à la ligne des 30 jours.
Oui. Constituer un domicile — s'installer en Suisse avec l'intention d'y rester durablement, attestée par un logement, une famille ou le déplacement de votre vie — vous rend résident dès le premier jour, indépendamment des jours.
Vous devenez assujetti de manière illimitée (revenus mondiaux) à l'impôt suisse, en principe dès le début du séjour. Les impôts cantonaux et communaux suivent les mêmes notions de résidence, si bien que l'exposition est fédérale, cantonale et communale à la fois.
La convention de non-double imposition applicable applique ses critères de départage — foyer d'habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité — pour attribuer une résidence conventionnelle unique et répartir les droits d'imposition.
Cette règle est suivie automatiquementdans
Bounded
- Suit automatiquement vos jours pour cette règle
- Vous alerte avant de franchir la limite
- Compte correctement les jours d'arrivée et de départ
- Fonctionne avec vos autres règles de visa, de fiscalité et de résidence
Sources
Règles associées
À titre informatif uniquement. Cette page est un résumé simplifié de règles publiquement disponibles ; elle ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou en matière d'immigration. Les règles évoluent et dépendent de votre situation personnelle — vérifiez toujours auprès de la source officielle ci-dessus et d'un professionnel qualifié avant d'agir.