Maroc — Résidence fiscale (183 jours / 12 mois)
Résumé
- Seuil de jours
- 183 jours
- Fenêtre
- Toute période glissante de 365 jours
- Déclenchement
- Au 184e jour
- Déclenche aussi
- Foyer d'habitation permanent ou intérêts économiques
- Base légale
- CGI, art. 23
Le Maroc vous considère comme résident fiscal si l'une des trois conditions est réunie : votre présence — continue ou discontinue — dépasse 183 jours dans toute fenêtre glissante de 365 jours, vous conservez un foyer d'habitation permanent à votre disposition au Maroc, ou le centre de vos intérêts économiques s'y trouve. Sur la voie du décompte de jours, la résidence se déclenche au 184e jour ; pour y échapper, maintenez votre présence à 183 jours ou moins dans chaque fenêtre glissante de 12 mois. Le critère découle de l'article 23 du Code Général des Impôts, administré par la Direction Générale des Impôts (DGI).
Qui est concerné
Cette règle compte surtout si vous êtes :
- Travailleur à distance, nomade numérique ou grand voyageur passant de longues périodes au Maroc.
- Une personne qui conserve un appartement ou une maison familiale au Maroc tout en vivant ou travaillant à l'étranger.
- Expatrié ou personne de retour au pays dont l'activité ou les investissements principaux sont centrés au Maroc.
Elle s'applique aux personnes physiques quelle que soit leur nationalité — la résidence tient ici à la présence, au logement disponible et aux attaches économiques, pas à la citoyenneté ni au statut de visa.
La règle — et sa raison d'être
L'article 23 du Code Général des Impôts (CGI) fixe trois critères alternatifs du domicile fiscal marocain. En remplir un seul suffit :
- Décompte de jours. Une présence au Maroc de plus de 183 jours dans toute période glissante de 365 jours, en additionnant les séjours continus et discontinus.
- Foyer d'habitation permanent. Un logement au Maroc disponible pour votre usage établit la résidence quel que soit le nombre de jours que vous y passez réellement.
- Centre des intérêts économiques. Si votre activité économique principale ou le centre de vos intérêts économiques se trouve au Maroc, vous êtes traité comme résident même avec un faible décompte de jours.
Sa raison d'être : les États utilisent la présence, un foyer permanent et les attaches économiques comme indices du lieu où se situe la vie réelle d'une personne. Un critère fondé sur le seul décompte de jours permettrait de conserver un logement et une activité au Maroc tout en échappant à la résidence simplement en surveillant le calendrier ; les trois déclencheurs indépendants ferment cette brèche.
Compter les jours
- 1Comptez chaque jour où vous êtes physiquement présent au Maroc, en additionnant les séjours continus et discontinus.
- 2La fenêtre est toute période glissante de 365 jours — pas l'année civile — le décompte ne repart donc jamais de zéro au 1er janvier.
- 3Vous franchissez la ligne au 184e jour dans une telle fenêtre de 365 jours.
- 4La fenêtre glissant en continu, scinder un long séjour à cheval sur un passage d'année n'évite pas la résidence comme cela peut être le cas dans les pays à année civile.
Toute période de 12 mois totalisant plus de 183 jours de présence peut établir un domicile fiscal marocain, quelle que soit la position de ces jours par rapport au calendrier.
Exemples
Exemple 1 — clairement résident par les jours
Vous passez deux longues périodes au Maroc — environ 120 jours au printemps et 90 autres jours à l'automne de la même année glissante. Additionnés, cela fait environ 210 jours dans une fenêtre de 365 jours : vous dépassez 183 jours et établissez un domicile fiscal marocain par la voie du décompte de jours.
Exemple 2 — résident malgré peu de jours
Vous vivez principalement à l'étranger mais conservez un appartement meublé à Casablanca disponible pour votre usage, en ne vous y rendant qu'environ 50 jours par an. Vous êtes néanmoins résident, car un foyer d'habitation permanent à votre disposition est un déclencheur autonome — le faible décompte de jours ne vous protège pas.
Exemple 3 — des jours scindés à cheval sur deux années
Vous séjournez au Maroc d'octobre à avril, environ 210 jours consécutifs. Le critère utilisant une fenêtre glissante de 365 jours plutôt que l'année civile, ces jours sont tous comptés ensemble — vous dépassez 183 et devenez résident, même si le séjour chevauche deux années civiles.
Exceptions et cas particuliers
- Trois déclencheurs indépendants. Le décompte de jours, le foyer d'habitation permanent et les intérêts économiques valent chacun isolément — en remplir un seul suffit, et un faible décompte de jours ne neutralise pas les deux autres.
- Conventions de non-double imposition. Si vous êtes résident de deux pays, les critères de départage de la convention applicable (foyer d'habitation permanent → centre des intérêts vitaux → séjour habituel → nationalité) attribuent une résidence conventionnelle unique et répartissent les droits d'imposition.
- Le logement doit être réellement disponible. Qu'un bien crée la résidence dépend de sa disponibilité pour votre usage ; un logement entièrement donné en location et que vous ne pouvez pas utiliser vous-même est un cas plus fragile.
Idées reçues
- « Sous 183 jours, je suis tranquille. » Faux — un foyer d'habitation permanent ou le centre de vos intérêts économiques au Maroc vous rend résident quel que soit le nombre de jours.
- « Le décompte repart de zéro chaque mois de janvier. » Non. Le Maroc utilise une fenêtre glissante de 365 jours, si bien que scinder un séjour à cheval sur un passage d'année ne remet pas votre total à zéro.
- « Seuls les revenus marocains sont imposés. » Un domicile fiscal marocain fait en principe entrer les revenus mondiaux dans le champ de l'impôt, sous réserve d'une convention applicable.
Questions fréquentes
Non. Le décompte de jours n'est que l'un des trois déclencheurs indépendants. Même avec un faible décompte de jours, conserver un foyer d'habitation permanent à votre disposition au Maroc, ou y avoir le centre de vos intérêts économiques, vous rend résident à lui seul.
Le Maroc utilise toute fenêtre glissante de 365 jours, et non l'année civile. Le décompte ne repart donc jamais de zéro au 1er janvier, et scinder un long séjour à cheval sur un passage d'année n'évite pas la résidence comme cela peut être le cas dans les pays à stricte année civile.
Tout jour où vous êtes physiquement présent dans le pays compte, et les séjours continus comme discontinus s'additionnent. Dès que le total dépasse 183 jours dans une fenêtre glissante de 365 jours, vous franchissez la ligne au 184e jour.
Un domicile fiscal marocain fait en principe entrer vos revenus mondiaux dans le champ de l'impôt marocain, et pas seulement vos revenus de source marocaine. Une convention de non-double imposition peut ensuite réattribuer certains droits d'imposition, mais vous restez dans le système marocain.
Oui. Si vous êtes résident de deux pays, la convention de non-double imposition applicable départage (foyer d'habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité) pour attribuer une résidence conventionnelle unique. Elle détermine qui impose quoi, mais n'efface pas la résidence de droit interne marocain.
C'est possible. Un foyer d'habitation permanent à votre disposition au Maroc est un déclencheur autonome au titre de l'article 23 du CGI, indépendant du nombre de jours que vous y passez. Qu'un bien compte ou non dépend de sa disponibilité réelle pour votre usage.
Cette règle est suivie automatiquementdans
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Sources
Règles associées

À titre informatif uniquement. Cette page est un résumé simplifié de règles publiquement disponibles ; elle ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou en matière d'immigration. Les règles évoluent et dépendent de votre situation personnelle — vérifiez toujours auprès de la source officielle ci-dessus et d'un professionnel qualifié avant d'agir.